Gérard Capazza, chapeau l’artiste

Il nous a fait rêver en fondant une famille d’artistes de renommée mondiale, qu’il a accueillis et réunis en un lieu unique. Nançay est une exception dans le monde des galeries en France et en Europe. Gérard s’en est allé, laissant à ses enfants le soin merveilleux de prolonger cette passion, partagée avec les collectionneurs et les amateurs d’un jour.

Pensionnaire à Bourges à l’aube des années 60, Gérard tutoie la culture et s’en nourrit au contact de Jankélévitch, du grand orchestre de Duke Ellington et de Maurice Béjart ! Car à la maison de la culture, dont il est un spectateur privilégié : Shakespeare et les grands auteurs sont mis en scène. Les disques, les livres et les films sont ici en prêt pour tous, bien avant l’heure des médiathèques. Gérard n’en perd pas une miette, il dévore, monte sur les planches, pratique la photographie avec talent, il découvre la sculpture et les belles lettres, s’essaye à toutes les tendances. Il aime cette vie aux saveurs multiples, mais plus encore, il aime partager. « Toutes ces découvertes n’ont d’intérêt que si elles sont partagées », dit-il. Alors il se fait une promesse, que jamais il ne reniera pas : « Je mettrai mon énergie au service de mes semblables, pour leur épanouissement par le biais de la culture ».

Il y eut ainsi le Grenier de Villâtre à Vierzon, puis le Petit grenier de Nançay avant qu’enfin ne se réalise ce pari fou qu’était la galerie Capazza. L’ancien corps de garde qui jouxte le château, abrite désormais et depuis quelques lustres, ce qui se fait de mieux dans l’accomplissement artistique.

Gougji, Leperlier, Eric Bonte, Fanny Ferre, Guy Mansuy et tant d’autres, y font briller la joaillerie, la sculpture, la peinture, le verre, la céramique et la photo.

Explique moi, Gérard…

Cette galerie est un creuset, un écrin qui concentre de ce qui se fait de mieux. En témoignent si besoin était, les revues internationales spécialisées qui ont reconnu la qualité et la maîtrise. Il m’est souvent arrivé, moi le néophyte, de ne pas comprendre, de ne pas saisir les couleurs et les formes, et pourtant de voir l’émerveillement dans les yeux de Gérard. C’est là sans doute qu’il était le meilleur. Il aimait faire découvrir et expliquer. Car il savait pourquoi certains assemblages de matières fonctionnent et d’autres pas, pourquoi les formes et les matières s’unissent ou se nuisent.  « Tout ce que j’ai reçu m’a tellement nourri que je voulais à mon tour être acteur plus que consommateur ».

Alors que s’ouvrait l’année du 500ème anniversaire de la Renaissance, François Bonneau, président de la Région Centre Val de Loire, participait au vernissage de la nouvelle saison de la galerie. « Le travail fait ici, a toute sa place dans ce temps fort qu’est le 500ème anniversaire de la Renaissance et des arts qui l’ont accompagnée ».

C’est à vous les « jeunes » !

Gérard et Sophie Capazza, créateurs des lieux il y a 40 ans, ont officiellement confié les clefs de la galerie à leur fille Laura et son mari Denis. Deux connaisseurs avisés qui poursuivent la mission de rayonnement de l’art. Ils le font depuis quelques années déjà, et de belle manière. Laura n’a jamais connu autre chose que l’excellence des arts. Baignée dans ce bouillon de raffinement, de vivacité et d’intelligence… de tourment aussi parfois. Denis est ce photographe avisé, qui excelle dans l’art si difficile qu’est la photographie d’art, mais aussi dans la muséographie.

La relève est là, nous en sommes heureux, et déjà la famille d’artistes s’étend, accueille de nouveaux talents, avec la même rigueur et la même intransigeance.

 Quand Rodin et Jeanclos se parlent
Et en ouverture de la saison, c’est un coup de maître, un coup de génie assurément, que d’avoir réuni deux géants de la sculpture, Auguste Rodin et Georges Jeanclos ; excusez du peu. Ici se rencontrent, se parlent et se répondent l’argile et le bronze. Comment ces deux-là ont-ils travaillé, chacun à leur époque ? Laura Capazza donne un élément de réponse : « l’un et l’autres sont d’immenses artistes. Ils ont marqué l’histoire de la sculpture, tout en faisant fi des diktats esthétiques de leurs époques respectives ».

S’exprimer pour faire vivre l’art, tout en maîtrisant les codes les plus élaborés. Tout est là, tout est dit : vous n’avez pas le droit de ne pas aller voir cette exposition !

Merci Gérard, merci Sophie, et bon vent à vous deux, Laura et Denis.

 Jusqu’au 16 juillet : uniquement sur rendez-vous (02 48 51 80 22 ou par email contact@galerie-capazza.com)

17 juillet – 30 août : vendredis, samedis et dimanches / 10h-12h30 et 14h30-19h

5 septembre – 6 décembre : samedis, dimanches et jours fériés / 10h-12h30 et 14h30-19h

Du 10 OCTOBRE au 6 DECEMBRE

Peintures de Fabrice Rebeyrolle, terres catalanes (céramiques collectives), photographies de Jacques Renoir.

Stéphane de Laage de Meux