Générosité et partage au Bien Aller

 

Si le dépaysement est bien la marque de fabrique de la coquette cité des Stuart, l’établissement de Jean Achard ne déroge pas à la règle. Il faut dire que ce Provençal, élevé dans un environnement de thym, de lavande et de génépi, et qui a officié pendant quinze ans dans les lieux les plus animés de la vie nocturne du Tout-Paris, a mis toute son expérience des melting-pots de cuisines et d’ambiances pour offrir un lieu à part, où l’on se sent bien.

« Arriver de Paris à Aubigny-sur-Nère, c’est facile. Deux heures de route… Et ici, c’est beau. » Avant de rejoindre le cœur de la petite ville, au riche passé historique et au présent dynamique, Jean s’est d’abord installé en 1989 aux Naudins, à proximité du château de la Verrerie, dans la commune d’Oizon. « Nous y avons tout de suite obtenu la reconnaissance du Michelin et du Gault-et-Millau. » Pourtant, « un jour, la campagne pèse un peu, surtout avec les enfants… ».

En 1997, c’est donc à un saut d’une poignée de kilomètres auquel s’astreint Jean Achard. Le Bien Aller est né, bien né ! « Nous avons souhaité poursuivre avec une cuisine traditionnelle, un peu plus bistrot. En parallèle, nous avons mis en place des expositions d’art bimensuelles », leur vernissage se poursuivant par un dîner. La deuxième métamorphose du restaurant intervient en 2010. « Les expositions, c’est bien, mais ça abîme les murs ! », lance Jean en souriant. La rencontre avec des musiciens de jazz sera déterminante. Place à un concert mensuel. « Nous accueillons aussi bien le pianiste originaire de Bourges Étienne Déconfin et son ami, le contrebassiste Géraud Portal, qu’Alexis Tcholakian ou Éric Luter. De même, chaque fois qu’elle voyage en France, la chanteuse new-yorkaise Aimee Allen vient se produire ici, au Bien Aller ! »

Côté cuisine, la bistronomie est à l’honneur. « Les produits sont mis en avant généreusement, avec une idée de partage, tout en étant travaillés avec finesse. » Pour le Provençal de Paris, ou inversement, il est indispensable de proposer des produits bons, de qualité et qui soient accessibles. « J’ai découvert la richesse du terroir local, les lentilles du Berry, les fromages de chèvre, les vins de Sancerre et de Mennetou-Salon, le vinaigre d’Orléans… Je recherche également les légumes et fruits de saison issus de l’agriculture biologique. » La clientèle est de plus en plus sensible, attachée à cette forme d’éthique.